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Lettre signée de Daniel-Henry Kahnweiler (1963)

Lettre signée de Daniel-Henry Kahnweiler (1963)

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Le marchand qui a investi le premier dans le cubisme et Picasso, Daniel-Henry Kahnweiler, écrit à un célèbre galeriste allemand.

  • Lettre signée de Daniel-Henry Kahnweiler à M. Stangl.
  • Une page.
  • En allemand.
  • 19,5 cm x 27,1 cm.
  • Paris, le 9 avril 1963.
  • Condition excellente.
  • Pièce unique.

Cher M. Stangel,

oui, malheureusement, nous sommes arrivés chez eux à 16 heures et nous nous sommes ratés. Ce matin, j'ai découvert votre lettre à mon retour de Dortmund, où j'étais avec Jardot, lors du vernissage de l'exposition Manolo au musée. Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons pas vous prêter les nouvelles héliogravures dans un délai aussi court, car toutes les collections sont promises depuis des mois. Merci de contacter Hertz qui pourra vous remettre les draps, merci. Sinon, il faudrait se mettre d’accord sur une date la saison prochaine.

Cordialement, également de la part de mon ami Jardot.

Daniel-Henry Kahnweiler

Daniel-Henry Kahnweiler (1884 - 1979) était un marchand très réputé pour avoir été le premier à investir dans le cubisme, auprès de peintres comme Picasso et d'autres grands noms au début du XXe siècle. Nous reproduisons ici des extraits d'un entretien réalisé en français par la journaliste Charlotte Delafond, avec le biographe de Kahnweiler, Pierre Assouline.

CD Quelles sont selon vous les caractéristiques essentielles qui font de Daniel-Henry Kahnweiler une figure incontournable de l'histoire de l'art moderne ?

PA Tout d'abord, il faut rappeler que Kahnweiler était un autodidacte de nature, il ne suivait pas les normes esthétiques, il se fiait à son instinct. Il apprend son goût, son métier, en fréquentant le musée du Louvre, en fréquentant les Salons, notamment les Indépendants, les ventes publiques et au gré de ses lectures, enrichies de revues d'art étrangères. De plus, et c'est très important, il avait le même âge que ses peintres - Picasso, Braque, Gris, Léger - avec lesquels il entretenait une véritable complicité. Il était véritablement le marchand d’art de sa génération. (...) Kahnweiler était aussi un homme doté d'une certaine force de conviction, qui faisait des choix et s'y tenait coûte que coûte, même en temps de crise. Lorsqu'il croyait aux Demoiselles d'Avignon, personne d'autre n'y croyait, il n'a pas changé d'avis face aux critiques.

Pour ses peintres, il était prêt à tout, mais ce qu'il demandait, c'était l'exclusivité. Il était donc intransigeant. C'est ce qui le rendait spécial. Il les a mis sous contrat, ce qui n'a jamais été fait. Il versait à chaque personne une cotisation mensuelle pour leur donner les moyens de vivre leur art. Ils étaient occupés à peindre ; la vente, les collectionneurs, les salons et tout le reste lui appartenaient. C'était révolutionnaire !

Enfin, Kahnweiler était un homme patient. J'entends par là qu'il pensait tout dans la durée, qu'il travaillait pour la postérité. En ce sens, il investit massivement dans la publicité et fut l'un des premiers - sinon le premier - à photographier systématiquement des tableaux et à envoyer ces reproductions photographiques à des revues d'art dans toute l'Europe, en Allemagne bien sûr, mais aussi en Suisse, en Belgique et en Angleterre. Ce fut l’une de ses principales stratégies et l’une des raisons qui rendirent ses peintres célèbres.

CD Que doit Daniel-Henry Kahnweiler à d'anciens marchands célèbres, dont Paul Durand-Ruel et Ambroise Vollard ? Et dans quelle mesure reste-t-il un modèle pour les jeunes dealers ?

PA Paul Durand-Ruel, il ne le connaissait pas, mais il le considérait comme un modèle absolu. Il l'admirait vraiment. Non seulement parce qu'il fut le marchand des impressionnistes qui les soutenait contre tout, mais aussi à cause de la ligne de conduite qu'il s'imposait. Il respecte les principes sur lesquels Durand-Ruel a réinventé son métier, son attitude morale envers le marché, les artistes et le public. Kahnweiler voulait secrètement reproduire ce que son maître avait fait. Il voulait être un pionnier, acheter ce qui lui plaisait et imposer son goût au public.

Ambroise Vollard, ce n'est pas la même histoire. C'était un contemporain. Il était un peu plus âgé, mais ils se rencontraient souvent, la galerie Vollard n'est pas loin de celle où il était basé. Il s'est intéressé à Picasso peu avant lui et Kahnweiler a respecté ses goûts. Mais les deux hommes étaient très différents, presque opposés. Ambroise Vollard aimait profiter de la vie, il prenait tout pour une plaisanterie. Kahnweiler était très germanique, assez austère et extrêmement méticuleux. En d’autres termes, Kahnweiler aimait Vollard mais ne l’admirait pas.

En effet, son véritable maître était Paul Durand-Ruel. C'est lui qui pose les bases du marchand d'art au sens moderne du terme, que Kahnweiler adapte et réinvente au début du XXe siècle. Pour moi, Kahnweiler est le modèle du marchand d’art moderne, ou plutôt ce que devrait être un marchand d’art au XXe siècle. Aujourd’hui, bien sûr, les choses ont changé, le métier a évolué et les conditions ne sont plus les mêmes. Mais les principes qu'il a présentés sont toujours valables.

Otto Stangl était un marchand d'art et galeriste allemand qui, avec sa femme Etta, fonda en 1947 la galerie moderne Etta et Otto Stangl à Munich, l'une des galeries d'avant-garde les plus influentes après la Seconde Guerre mondiale ; Manolo Hugué, ami du peintre espagnol Picasso, était un sculpteur renommé ; Enfin, Maurice Jardot fut le bras droit de Kahnweiler et présida la Galerie Kahnweiler/Leiris pendant près de 40 ans (1956 - 1996).

Parfois, les gens des coulisses sont aussi importants et intéressants que les personnages célèbres... au final, que seraient Picasso, Vlaminck ou Derain, Gris ou Léger sans Kahnweiler ? Cette lettre retrace un peu le quotidien de ce grand marchand d'art, évoquant son travail avec son associé (Maurice Jardot), ses rencontres avec des artistes et ses expositions (Manolo Hugué) et ses relations avec d'autres galeristes (Etta et Otto Stangl) en 1963, le année de sa mort par George Braque. On aime aussi ici le papier personnalisé de Daniel-Henry Kahnweiler, avec l'en-tête sophistiqué de sa célèbre galerie.

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